AuGuRA enquête au Nymphée de Gennes, fontaine monumentale (période romaine)

« Bâtiment des eaux », « fontaine monumentale », « bains romains », « sanctuaire dédié aux nymphes »…
Autant d’appellations différentes qu’a reçu le dit « nymphée » de Gennes, implanté dans le centre actuel du bourg, de la part des archéologues qui se sont intéressés à lui depuis le XIX° siècle.
Aujourd’hui encore, sa fonction n’est pas totalement éclaircie. Mais, depuis 2020, une équipe d’archéologues, sous la houlette de notre association, a lancé de nouvelles recherches pour tenter de mieux le comprendre. Sondages, prospections géophysiques, étude du bâti, etc: le monument et le jardin qui l’entoure sont passés au crible.
Classé au titre des monuments historiques en 1983, le nymphée, tel qu’il est visible aujourd’hui, est une grande abside de 7 mètres de diamètre environ, de 4 mètres de haut, construit dans un petit appareil de tuffeau, de grès et de terres cuites. Cette structure impressionnante par sa taille et son état de conservation n’est pourtant que la partie émergée d’un complexe beaucoup plus vaste, encore enfoui sous nos pieds!
A une dizaine de mètres de là, les vestiges d’un aqueduc (voir cette rubrique) émergent également.
Le lien de l’aqueduc avec le nymphée est évident. L’eau conduite ici , après un parcours de 1.6 km depuis la source de Chapeau, transitait par le monument et s’y déversait de façon ostentatoire, probablement dans l’espace central qui devait assurer un rôle de bassin, avant de poursuivre son chemin vers un autre quartier de l’agglomération de Gennes.
A ce jour, une seule certitude donc: cet édifice est lié à l’eau!
Deux conduites maçonnées, de section équivalente et circulant en sens inverse l’une de l’autre, traversent le monument.
Le choix de matériaux imperméables de la base du monument jusqu’au sommet de la conduite supérieure, ainsi que son insertion sur le tracé de l’aqueduc, indiquent clairement que cet édifice est conçu pour accueillir de l’eau.
Autre certitude: l’édifice devait attirer tous les regards par son ornementation. Des niches rayonnantes sont présentes dans la partie supérieure de l’abside. Elles devaient accueillir des statues. Des enduits peints, découverts lors des fouilles anciennes, devaient recouvrir ses murs. L’eau devait jaillir depuis la conduite supérieure dans le bassin, à travers des systèmes de jets d’eau.
Le nymphée, daté des environs du I° ou II° s ap.J-C, est donc un bâtiment exceptionnel sur le territoire de la Gaule romaine.
Laissez-vous conter son histoire en participant à une visite guidée du site (lors des JEP, par exemple!)









